Blancpain Lady B : la montre-bulle qui rend hommage à Betty Fiechter

Il y a soixante-dix ans, Blancpain présentait à Bâle une montre de dame qui allait marquer l’histoire de la micromécanique : la Ladybird. Pour cet anniversaire, la manufacture du Brassus dévoile la Lady B, une pièce minuscule et sculpturale nommée d’après la femme qui avait porté ce projet, Betty Fiechter. Loin d’une simple réédition, elle reprend l’esprit du modèle historique pour en faire un objet à mi-chemin entre la montre et le bijou.

Betty Fiechter, la patronne qui refusait de sacrifier la mécanique #

Pour comprendre la Lady B, il faut revenir aux années 1950. Comme le rappelle Tatler Asia, Betty Fiechter était alors propriétaire de Blancpain et la première femme à diriger une manufacture horlogère suisse. Sa conviction tenait en une idée simple : une montre pour femme mérite autant d’ingéniosité mécanique qu’une montre d’homme. Plutôt que de réduire la montre féminine à un écrin joaillier autour d’un mouvement médiocre, elle a poussé la maison à miniaturiser la mécanique sans perdre en performance.

Cette période a donné naissance à deux icônes qui restent au cœur du catalogue : la montre de plongée Fifty Fathoms en 1953, puis la Ladybird, présentée en 1956 à la Foire suisse d’échantillons de Bâle.

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Le R55, un record de miniaturisation

La Ladybird reposait sur le calibre R55, présenté comme le plus petit mouvement mécanique rond au monde à l’époque : 11,85 mm de diamètre pour 3,7 mm d’épaisseur. Pour y parvenir, Blancpain avait ajouté une cinquième roue au rouage afin de mieux contrôler la force transmise à l’échappement, et intégré un dispositif antichoc pour le balancier, souvent omis à l’époque sur des mouvements aussi petits. Toujours selon Tatler Asia, Omega et Longines l’ont ensuite adopté pour leurs propres modèles. La collection a également connu une déclinaison plus architecturale, la Ladybird « Bullet », dont la Lady B s’inspire directement d’après ELLE Belgique.

La Lady B : une bulle de 19 millimètres #

Ce qui frappe d’abord, c’est le format. La Lady B adopte un boîtier sphérique de 19 mm de large pour 13,2 mm d’épaisseur. Le cadran opalin beige est entouré d’un réhaut poli miroir et ponctué de minuscules index appliqués en or. La montre existe en acier inoxydable et en or rouge 18 carats.

Le défi technique vient d’une particularité de la maison : Blancpain n’a jamais produit de montre à quartz. Là où d’autres horlogers ont misé sur le quartz pour atteindre de très petites tailles, la Lady B devait loger un mouvement automatique et sa masse oscillante dans un volume d’environ 2,9 centimètres cubes. La réponse tient dans un boîtier en deux parties, conçu pour que la jonction entre le haut et le bas devienne presque invisible, avec des surfaces polies, satinées et microbillées à la main.

Le calibre 615, un vétéran affiné

À l’intérieur bat le calibre automatique maison 615, l’un des plus petits mouvements automatiques ronds actuels : 15,7 mm de diamètre et 3,9 mm d’épaisseur. Introduit en 1995 et retravaillé depuis, il compte 180 composants, des platines décorées de Côtes de Genève, une fréquence de 3 Hz et une réserve de marche de 38 heures, d’après les caractéristiques détaillées par Tatler Asia. Il reçoit désormais un spiral en silicium, un matériau apprécié pour sa résistance au magnétisme.

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Un bracelet qui traverse le boîtier #

Autre parti pris fort : la disparition des cornes. Pour préserver la silhouette en bulle, Blancpain a usiné un canal caché directement dans le fond du boîtier. Le bracelet passe à travers, à la manière d’un pendentif sur un ruban. Ce canal est microbillé à l’intérieur pour limiter les frottements, ce qui permet au bracelet double tour en cuir de veau de glisser librement. Il est interchangeable et proposé en six couleurs.

ELLE Belgique qualifie ce système de « précurseur », puisqu’il reprend le principe de la Ladybird « Bullet » des années 1950. C’est sans doute l’élément qui fait le plus basculer la Lady B du côté du bijou, sans renier son mouvement mécanique.

Notre regard : la montre féminine prise au sérieux #

La Lady B arrive dans un contexte où les grandes maisons redécouvrent leurs archives féminines, longtemps reléguées derrière les chronographes et les montres de plongée. Le choix de Blancpain est intéressant parce qu’il ne joue pas la carte du diamant ou du quartz pour séduire, mais celle de la prouesse technique dans un format minuscule. C’est fidèle à l’héritage de Betty Fiechter, et cela tranche avec une partie de l’offre féminine du marché.

Reste une question que les collectionneurs ne manqueront pas de se poser : celle du porter. Un boîtier de 19 mm bombé à plus de 13 mm d’épaisseur, porté sur un bracelet double tour, est un objet atypique au poignet. C’est précisément ce qui en fait une pièce de caractère, plus proche du bijou d’horloger que de la montre de tous les jours. Le prix n’a pas été communiqué dans les présentations consultées ; il faudra se rapprocher des boutiques de la marque pour le connaître.

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